LOI DE SIMPLIFICATION DU DROIT : CE QUI CHANGE EN DROIT DU TRAVAIL
Le 29 février, le Parlement adopte définitivement cette loi qui impacte en partie le droit du travail (loi non encore publiée à ce jour). Voici quelques unes des mesures.
Congés payés
Le droit à congés payés est ouvert dès le premier jour de travail (et non plus à partir de 10 jours). Il s’agit ici de mettre le droit national en conformité avec la jurisprudence de la CJUE (voir ci-dessous). Cette disposition ne sera toutefois applicable qu’à compter du premier jour du 3emois suivant la publication de la loi au Journal Officiel.
Durée du travail
Désormais la répartition des horaires de travail sur une période supérieure à la semaine et au plus égale à l’année prévue par un accord collectif ne constitue plus une modification du contrat de travail nécessitant l’accord exprès du salarié, excepté pour les salariés à temps partiel. Il s’agit d’une position contraire à la jurisprudence de la Cour de cassation qui exige l’accord exprès de chaque salarié.
Télétravail
Ce dispositif était, jusqu’à maintenant, absent du Code du travail et il fallait se référer à l’accord national interprofessionnel du 19 juillet 2005 pour en connaître les modalités.
Cet accord est transposé dans les nouveaux articles L1222-9 et suivants du Code du travail. Le télétravail est défini comme « toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon régulière et volontaire en utilisant les technologies de l’information dans le cadre d’un contrat de travail ou d’un avenant à celui-ci ».
Il est expressément prévu que le refus d’accepter un poste de télétravailleur n’est pas un motif de rupture du contrat de travail.
L’apport de la loi par rapport à l’accord national interprofessionnel est la possibilité pour l’employeur, en cas de circonstances exceptionnelles (notamment menace d’épidémie) ou en cas de force majeure, de mettre en œuvre le télétravail comme « aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour permettre la continuité de l’activité de l’entreprise et garantir la protection des salariés ».
Chômage des jours fériés
Jusqu’à maintenant, la loi exigeait des conditions cumulatives pour le maintien de salaire en cas de chômage de jour férié :
- une ancienneté de 3 mois,
- 200 h de travail effectif dans les deux mois précédant le jour férié,
- une présence le dernier jour de travail précédant le jour férié et le premier jour de travail lui faisant suite.
Désormais, la loi impose seulement une ancienneté d’au moins 3 mois dans l’entreprise ou l’établissement.
Inaptitude
En cas de licenciement pour inaptitude non professionnelle, la rupture du contrat est effective dès la notification du licenciement.
La loi résout ainsi le problème des salariés licenciés pour une inaptitude non professionnelle, qui ne peuvent effectuer leur préavis (qui n’est donc pas rémunéré) et qui ne pouvaient pas prétendre à une prise en charge au titre du chômage, la rupture du contrat n’étant effective qu’à la fin du préavis.
Evaluation des risques
La loi permet d’adapter aux TPE les modalités d’évaluation des risques en matière d’hygiène et de sécurité au travail (fréquence de la mise à jour du document unique d’évaluation des risques). Cette adaptation est prévue par voie réglementaire.
Information des employeurs en cas d’infraction au droit du travail
La loi impose à l’inspecteur du travail une nouvelle obligation d’information : s’il constate une infraction pénale, il doit informer la personne en cause des faits susceptibles de constituer l’infraction relevée ainsi que des sanctions encourues avant transmission des procès-verbaux au procureur de la République.
Négociation collective nationale
La loi impose aux partenaires sociaux d’ouvrir des négociations salariales dès lors que le salaire minimum national prévu par la convention de branche pour les salariés sans qualification se trouve à un niveau inférieur au smic. À défaut d’initiative de la partie patronale dans les trois mois, la négociation s’engage dans les 15 jours suivant la demande d’une organisation syndicale représentative.
Harmonisation rédactionnelle
La loi prévoit une formulation harmonisée de plusieurs dispositions :
- les seuils d’effectifs prévus par le Code du travail (exemple : « au moins x salariés » au lieu de « x salariés et plus »),
- les délais des procédures disciplinaires : désormais, entre l’entretien préalable et la sanction, il doit s’écouler au moins deux jours ouvrables au lieu d’un jour franc (la durée est donc la même qu’en cas de licenciement pou motif personnel).
Contrat de vendange
Il doit préciser la durée pour laquelle il est conclu, à défaut il est réputé établi jusqu’à la fin des vendanges. La loi contourne ainsi la jurisprudence de la Cour de cassation qui requalifiait ce CDD en CDI.
